Les erreurs fréquentes quand on débute le tricot (et comment les éviter)

 

Quand on commence le tricot, on passe toutes par les mêmes étapes.

Au début, on est très concentrée sur les mailles. On compte, on recompte, on se demande si on fait bien les choses… et parfois le résultat ne ressemble pas du tout à ce qu’on imaginait. Et c’est totalement normal.

Le tricot est un apprentissage, et comme dans toute activité créative, les erreurs font partie du processus.

Avec le temps, on gagne en fluidité, en confiance, et certaines difficultés disparaissent presque toutes seules. Et d’autres arrivent au fur et à mesure que les modèles se complexifie. Dans cet article, je vous partage les erreurs les plus fréquentes quand on débute le tricot, mais aussi celles que l’on rencontre quand on commence des modèles un peu plus techniques, comme les gilets avec de la dentelle. Je vous partage mon retour d’expérience en toute sincérité : je suis passée par toutes ces étapes moi aussi :)

1. Choisir un projet trop compliqué

C’est probablement l’erreur la plus fréquente.

Quand on découvre le tricot, on voit énormément de modèles magnifiques sur internet ou sur Pinterest : pulls texturés, torsades, dentelle, jacquard… Et on a tout de suite envie de se lancer, de faire la même chose alors qu’on y connait absolument rien.

Le problème, c’est que certains projets demandent déjà un peu d’expérience et surtout beaucoup de pratique, pour avoir :

  • une bonne lecture des explications (connaissance des abréviations, savoir lire un diagramme de motifs, gérer les répétitions de motifs…)

  • plusieurs techniques (des mailles glissées/enroulés/inclinées, des torsades avec ou sans aiguilles auxiliaires, des rangs raccourcis…)

  • une certaine régularité dans les mailles (savoir bien gérer sa tension, ses fils,

Commencer par un modèle trop complexe peut vite devenir décourageant.

C’est pour cela que je recommande toujours de débuter par des patrons vraiment pensés pour apprendre, comme mon gilet Sophia ou Jeanne, qui sont volontairement accessible, tout en ayant un peu d’originalité (soit avec une torsade ultra facile, soit un point nœud papillon trop simple)

Si vous débutez complètement, je vous conseille aussi de lire mon article :

Tous mes conseils pour débuter le tricot : guide complet

2. Ne pas faire d’échantillon

C’est une étape que beaucoup de tricoteuses sautent… surtout au début. Surtout par flemme je le sais ! On a envie de commencer tout de suite son projet, alors on monte directement les mailles.

Mais l’échantillon permet de vérifier : la taille du tricot, la tension, le rendu du fil

Sans échantillon, un gilet peut très facilement se retrouver trop grand ou trop petit, peu confortable.

Et c’est particulièrement important pour vos gilets et pull, surtout quand vous avez passé plus de 60h à tricoter un projet, vous allez vouloir le porter !

3. Utiliser une laine difficile à tricoter

Toutes les laines ne sont pas égales quand on débute.

Certaines fibres peuvent compliquer l’apprentissage :

  • les fils très fins

  • le mohair

  • les fils qui se dédoublent

Pour apprendre, je conseille plutôt :

  • une laine DK ou worsted

  • une couleur claire

  • un fil rond

Les mailles seront beaucoup plus visibles.

4. Ne pas utiliser d’anneaux marqueurs

Beaucoup de débutantes n’utilisent pas d’anneaux marqueurs.

Et pourtant, c’est l’un des accessoires les plus utiles et indispensable selon moi.

Ils permettent de :

  • repérer les augmentations

  • marquer les raglans

  • délimiter les motifs

C’est un petit détail qui peut vraiment simplifier la lecture du tricot. D’un coup d’oeil : vous savez où vous en êtes, cela facilite le comptage de vos mailles, et vous permets de vous repérer visuellement aussi dans l’avancée du projet. Bref, ayez pleins d’anneaux marqueurs (des simples en forme de trombones, à des plus jolies.., le tout c’est que vous puissiez en différencier certains, cela vous aidera grandement pour les manches ou les raglans à séparer des motifs par exemples).

5. Avoir peur de détricoter

Quand on débute, on a souvent peur de faire une erreur. Et surtout, peur de devoir défaire plusieurs rangs. Mais au tricot, détricoter fait totalement partie du processus. Même les tricoteuses expérimentées le font régulièrement. Le plus important est de repérer rapidement l’erreur, pour corriger facilement. C’est pour cela qu’il faut bien suivre le patron, et l’annoter régulièrement. Je vous conseille de compter et recompter vos mailles aussi souvent que nécessaire.

Les erreurs quand on passe au niveau intermédiaire

La bonne nouvelle avec le tricot, c’est qu’on progresse assez vite. En même temps, après avoir passé plus de 30h sur un projet, à tricoter du jersey, c’est sûr qu’on maitrise le point ensuite ;) Ainsi, après quelques projets, on commence naturellement à avoir envie de modèles un peu plus techniques. C’est souvent à ce moment-là que l’on découvre :

  • la dentelle

  • les torsades

  • les constructions de vêtements différents

  • les empiècements ou ajout de pièces (col, poignets, volants, poches)

  • le jacquard (avec ces différentes couleurs et motifs)

Et de nouvelles erreurs peuvent apparaître, tout naturellement.

6. Ne pas bien lire le patron avant de commencer

Quand un modèle devient plus technique, il est important de lire TOUT le patron, en entier, avant de commencer.

Cela permet de comprendre : la logique de construction du vêtement, les étapes importantes, et les points techniques à maîtriser.

Par exemple, sur un gilet avec plusieurs motifs de dentelle comme mon gilet Elisabeth, comprendre la logique du modèle aide énormément à suivre les diagrammes par la suite.

7. Ne pas utiliser assez de marqueurs pour la dentelle

Les motifs ajourés reposent souvent sur des répétitions de points. Sans repères visuels, il est facile de se tromper, voir quasi-impossible de ne pas se tromper. Je recommande toujours d’utiliser beaucoup d’anneaux marqueurs, surtout pour :

  • séparer les motifs

  • suivre les répétitions

  • repérer les erreurs rapidement.

Je précise aussi, par exemple dans chacun de mes patrons, si les anneaux marqueurs sont différents, leurs nombres etc.. Comme ça, même dans les explications vous avez un code couleurs pour les anneaux marqueurs, chaque anneaux important à son numéro etc.. Pour moi c’est vraiment indispensable si on souhaite tricoter de la dentelle(toutes mes astuces ici).

8. Ne pas annoter le diagramme

Quand on tricote un motif de dentelle, de jacquard, ou de point texturé, il est très utile de noter :

  • le rang en cours (soit celui qu’on vient de finir, soit celui qu’on doit démarrer)

  • la répétition du motif attendu (sur le rang, et/ou sur la hauteur)

Personnellement, j’annote toujours mon PDF ou mon patron imprimé. Cela évite de se demander : "où est-ce que j’en étais déjà ?" Surtout quand on ne peut pas tricoter tous les jours.. on peut vite oublier !

9. Sous-estimer l’importance du blocage

N’importe quel point texturé, et particulièrement la dentelle, se révèle vraiment au moment du blocage.

Avant lavage, le motif peut sembler : irrégulier, resserré ou tordu, peu visible. Après blocage, les fils se détendent et s’arrondissent, les jetés s’ouvrent et le motif apparaît clairement. C’est une étape essentielle pour les modèles avec dentelle.

10. Penser que l’on n’est pas capable

C’est une erreur que beaucoup de tricoteuses font. Elles pensent qu’un modèle est trop compliqué pour elles, d’après uniquement les photos du patron. Alors qu’en réalité, avec : un bon patron (bien expliqué et organisé), un peu de patience, et de la pratique, on peut apprendre énormément de choses.

C’est exactement pour cela que j’aime créer des modèles qui permettent de progresser naturellement, comme le gilet Rosalie pour découvrir la dentelle ou le gilet Elisabeth pour aller un peu plus loin dans la technique.

En résumé

Les erreurs au tricot sont normales et font partie de l’apprentissage. L’important est de :

  • choisir des projets adaptés à son niveau (tout en sachant se challenger aussi ;), c’est en faisant des erreurs qu’on apprends)

  • prendre le temps de comprendre le patron, le relire, l’annoter…

  • accepter de faire et corriger des erreurs tout en étant indulgent envers soi-même.

Avec chaque projet terminé, on gagne en confiance… et le tricot devient de plus en plus fluide.

 
Justine CrasCommentaire